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02.07.2008

LE SERGENT DE CARCASSONNE MIS EN EXAMEN

Le jeune sergent impliqué dans le drame de Carcassonne (Aude), qui a fait 17 blessés dimanche en fin d'après-midi, a été mis en examen mardi en fin de journée au tribunal de grande instance de Montpellier. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire.

« Il a été mis en examen pour blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à trois mois, avec la circonstance aggravante de violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence prévue par la loi ou le règlement », a annoncé hier en début de soirée son avocat Jean-Robert Phung.

Le militaire de 28 ans avait dimanche ouvert le feu à balles réelles sur le public lors d'une démonstration du 3e RPIMa. Il a confondu, a priori accidentellement, balles réelles et balles à blanc. Son identité n’a pas été révélée. Seule certitude : il s’appelle Nicolas et il serait apparemment l’armurier du régiment.
Le juge d'instruction a également ordonné une expertise de l'arme. Le sergent a en effet complété avec 5, 6 ou 7 balles à blanc les 10 et 20 balles réelles qui restaient dans son chargeur.

« Quand il a tiré, il a commencé par les balles à blanc, puis on est passé aux balles réelles. Il se trouvait en possession de ces munitions alors qu'il n'aurait jamais dû les avoir sur lui. Il estime qu'il a oublié de les restituer. Il affirme que c'est la première fois que ça lui est arrivé » a indiqué le procureur de la République Brice Robin mardi en fin de journée lors d'une conférence de presse au tribunal de Montpellier.
Et de préciser « les militaires doivent restituer dans la soute à munition les munitions non utilisées, lui a délibérément conservé ces munitions. Il reconnaît s'être trompé et avoir inconsciemment complété un chargeur à l'intérieur duquel il existait des balles réelles qui provenaient d'un résidu de tirs avec des balles à blanc et, deuxième erreur, d'avoir utilisé ce chargeur lors de cette manifestation ».

Le sergent était sous les drapeaux depuis huit ans. Il a été suspendu de ses fonctions hier matin et encourt trois ans d'emprisonnement et une peine d'amende de 45 000 euros pour le pénal.
Vers 19h, hier, il a quitté le tribunal montpelliérain dans un fourgon de la gendarmerie, sous une couverture (photo Nicolas Guyonnet), pour ne pas être vu. Le véhicule a pris la direction de Carcassonne pour ramener le sergent à son logement.b60ccdd3bf8e5e4ad6ce398b41f24417.jpg
Une des personnes blessées hospitalisée à Toulouse a été transférée mardi matin vers 10 h au CHU de Montpellier afin de se rapprocher de son fils. Elle est âgée de 39 ans.

Nicolas Guyonnet

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