26.06.2008

ROAD 66, PIONNIER D'ODYSSEUM RANGE SES COUVERTS

Dans l’histoire mythique de la conquête américaine, le "Go West" signifiait de beaux pâturages. Un royaume du prêtre Jean au pays du "milk and honey". Patrice Frobert a mis, lui, le cap au Sud pour aller poser son restaurant Route 66 à Odysseum. C’était en août 2001. Et il était le premier sur les lieux. Un pionnier en quelque sorte.

« Au début, il n’y avait pas de problème. Mais très vite avec le projet du pôle commercial, j’ai su que les choses allaient être plus compliquées », explique Patrice Frobert. Et c’est un doux euphémisme. Route 66 sera une des victimes collatérales de la bataille rangée entre Gérard Borras, président de la CCI, et Georges Frêche, patron de l’Agglo. Et puis 2001, c’est aussi le 11 septembre. Annus horribilis pour Patrice Frobert qui aujourd’hui est en passe de céder son affaire, saine, à une grande
chaîne de pizzas. Pourtant, des casses de moteurs, il en a connu. Mais vaille que vaille, la vieille Cadillac coupée de 1962 tenait la route. « Après le 11 septembre, on a eu des CRS à Odysseum. J’ai souffert pendant deux ou trois mois. Pendant quatre ans, j’ai été le seul dans le désert », poursuit Patrice Frobert, un peu désabusé. « Personne n’est venu m’aider. On s’est retrouvé seul. Bien-sûr quand je me suis installé, on ne m’a pas mis un revolver sur la tempe. Mais on m’a fait miroiter des choses ».

Et Odysseum est tout sauf une mine d’or. « Regardez autour de vous, dès qu’un local se libère, on fait un restaurant. Comment n’arrive- t-on pas à réguler tout cela ? Ici nous sommes au coeur d’un pôle de loisirs, mais globalement l’offre en restauration est la même. On vivote ».

Patrice Frobert va se concentrer sur son deuxième restaurant, l’originel, route de Ganges à Saint-Clément. « Ici, il n’y a pas le potentiel. Je suis face à un cinéma, Route 66 est un accessoire du cinéma. Les gens ne viennent pas spécialement chez nous. A Saint-Clément ils s’intéressent au décor. Ici non. De toute façon, il n’y a jamais vraiment eu de politique d’animation à Odysseum », poursuit Patrice Frobert. En ouvrant un Route 66 à Odysseum, il pensait faire partager sa passion pour la voie mythique, James Dean et les steaks de bisons. Mais quand un pionnier met pied à terre, c’est une odyssée qui commence à écrire les dernières pages de son histoire.

Jean-Jacques Sarciat