27.06.2008

NUIT VIGNERONNE AGITEE

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Le retour des viticulteurs, après leur manifestation à Montpellier mercredi, a été très agité. A leur retour vers les bus, les manifestants annonçaient "une nuit bleue". Et ils ont été fidèles à leur annonce : deux blessés légers parmi les forces de l'ordre, deux voitures de gendarmerie ont été incendiées, plusieurs agences bancaires et des supermarchés ont été saccagés.

Un cortège d'une dizaine de bus a pris la direction de Mèze, au bord de l'Etang de Thau pour faire le point et définir les actions. Puis direction Montagnac, à une dizaine de kilomètres. Sur une route, des arbres sont abattus en travers de la chaussée et incendiés. Puis des bus transportant environ 180 viticulteurs, dont certains cagoulés, situés en fin de cortège tombent sur deux voitures de gendarmes. Poursuivis par des hommes munis de battes de base-ball, les six gendarmes ont prennent la fuite et se cachent dans les vignes. Les deux voitures sont retournées et incendiées.

f30496ada4e5535f4bde53ad080b3b2f.jpgPendant ce temps les autres viticulteurs investissent le centre-ville de Pézenas. Cagoules sur le visage ils saccagent l'Hôtel des Impôts. Ne pouvant pas pénétrer à l'intérieur ils s'attaquent, masses à la main, à une agence bancaire du Crédit Agricole et de la Banque Populaire.

Une cinquantaine de CRS repousse les manifestants vers leur bus à coups de gaz lacrymogènes, devant le regard surpris des touristes et des habitants de cette charmante bourgade habituellement plutôt paisible.  0f6adc9b3547b9d2c2d187ee37fc8fb9.jpg

La soirée s'est ensuite poursuivie à Béziers ou un groupe s'en est pris au supermarché Auchan. Des caddies ont été incendiés sur le parking et la station essence a subi quelques dégâts. Ensuite gendarmes et CRS ont stoppé les bus, tout comme à Montagnac. L'identité et une photo de chaque passager était alors prise par les forces de l'ordre. Lors de cet épisode, un viticulteur aurait traité un gendarme de couleur de "sale noir". Il a été placé en garde à vue à Béziers, puis relâché dans la nuit. Il fait l'objet d'une procédure pour injure raciste envers un représentant des forces de l'ordre.

Par ailleurs, deux autres agences bancaires (Capendu et Lézignan-Corbières dans l'Aude) et trois supermarchés Aldi (Gignac et Pézenas dans l'Hérault, Narbonne dans l'Aude) ont été vandalisés. Dans les supermarchés, les viticulteurs ont mis à sac les rayons vins et alcools.fa47413dc770206d51d50d5b7e892e97.jpg

Au total, mille représentants des forces de l'ordre (600 policiers et CRS et 400 gendarmes mobiles et départementaux) ont été mobilisés

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Texte et photos Nicolas Guyonnet

26.06.2008

LES RAISINS DE LA COLERE !

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Douze mille personnes, selon les organisateurs, 4 500 selon la police, ont manifesté mercredi à Montpellier pour « exprimer la colère » des viticulteurs du Languedoc-Roussillon confrontés à une grave crise et réclamer des aides d'urgence du gouvernement.

Des viticulteurs de quatre départements de la région - Aude, Pyrénées-Orientales, Gard et Hérault étaient présents. Ils étaient accompagnés pour certains de leurs familles ou d'élus, comme le président DVG de la Région Georges Frêche ou de l'ancien candidat à l'élection présidentielle, Gérard Schivardi, maire de Mailhac, près de Narbonne (Aude).

c1fb9446409ca53f41549c656b2c6021.jpgDrapeaux de la Fédération des syndicats d'exploitants agricoles ou des Jeunes agriculteurs au vent, les manifestants ont ponctué leur marche d'explosions de pétards ou de longues cannes à feu remplies de soufre. Cette manifestation intervenait trois semaines après celles de Nîmes et Carcassonne, qui, déplorent les viticulteurs, « n'ont rien donné ».

A l'issue du défilé, des incidents ont éclaté entre un groupe de viticulteurs et les force de l'ordre. Des manifestants
ont lancé des cailloux sur les CRS qui ont répliqué avec des grenades lacrymogènes. Deux personnes ont été interpellées dont le président des Jeunes Agriculteurs du Gard Xavier Fabre et un viticulteur de l'Aude puis ont été remis en liberté un peu plus tard, selon une source policière.2b5a4549fbca57d55ecf23e5b8387108.jpg

Vers 21 heures, après quelques feux de poubelles et un platane abattu dans le centre-ville, le calme est revenu
après le départ des derniers manifestants. Cibles de la colère des viticulteurs, les charges qui « nous asphyxient,
nous étranglent », avait déclaré Xavier Fabre, avant son interpellation. Il avait évoqué le gazole qui ne cesse de grimper, les produits phytosanitaires qui suivent la même courbe.
Quant à la retraite, « pourquoi cotiser si demain nous ne sommes plus là ? Pas de revenus, pas de cotisations ! », avait-il lancé, sous un tonnerre d'applaudissements. « Je suis fier parce que nous faisons le plus beau métier du monde mais j'ai honte car le métier ne nourrit plus nos familles », avait conclu M. Fabre.

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Photos Nicolas Guyonnet